Régulateurs de l'humeur : anticonvulsivants

Prescription

  • Effectuer des tests sanguins (pour l’évaluation du foie et du sang, entre autres) tous les mois pendant les 6 premiers mois, puis régulièrement par la suite.

  • Examen de la fonction de la thyroïde tous les ans

  • Mesure de la concentration sanguine de valproate au début du traitement pour trouver la dose cible. Puis, vérifier périodiquement, comme pour le lithium

Indications​

 

Problèmes de santé physique

  • Épilepsie

 

Problèmes de santé mentale

  • Troubles bipolaires, phase maniaque ou dépressive

  • Prévention des rechutes de la maladie bipolaire

  • Comportements agressifs ou explosifs

Contre-indications​

 

Problèmes de santé physique

  • Éviter si l’on souffre de maladie du sang, des reins ou du foie

  • Peut, dans de rares cas, accentuer les saignements

  • Allergies aux substances actives ou à l’un de leurs composants

  • Intolérance au fructose

  • Différents types de céphalée (migraines et autres)

  • Myopie aiguë et glaucome secondaire à angle fermé

  • Éruptions cutanées

  • Diurétiques

 

Problèmes de santé mentale

Idées suicidaires

 

Pour les personnes aînées

Doses plus faibles que celles utilisées pour les adultes

 

Pendant la grossesse et l’allaitement

  • S’abstenir

  • Ne doivent pas être utilisés pendant la grossesse, ni chez les femmes qui prévoient le devenir, ni durant l’allaitement. Les nouveau-nés exposés au topiramate (Topamax) in utero présentent un risque accru de bec de lièvre et/ou de fente palatine (absence de substance de la voûte buccale aboutissant à une communication entre le nez et

  • la bouche)

 

Pour les enfants

Peut s’avérer dangereux (hépatite), mais indiqué pour l’épilepsie

 

Autres

  • Éviter de la prendre avec des boissons gazeuses

  • Ne pas boire d’alcool

Interactions médicamenteuses​

 

Médicaments psychiatriques (ajoutent aux effets secondaires)

  • Dépresseurs du système nerveux central (alcool, narcotiques, benzodiazépines, barbituriques, antipsychotiques)

  • Certains anticonvulsivants (Mysoline, Apo-Primidone)

 

Autres médicaments

  • Les anticoagulants oraux et certains anticoagulants : warfarine (Coumadin)

  • L’acide acétylsalicylique (Aspirine) à haute dose

  • Les contraceptifs oraux

  • Les anesthésiques

  • Le valproate double la quantité de lamotrigine (Lamictal) dans le sang

Effets secondaires​

Ils dépendent du dosage et de la durée du traitement, du métabolisme de l’individu et du contexte dans lequel il vit.

 

Tête

  • Étourdissements

  • Vertiges

  • Sédation

  • Troubles de la mémoire

  • Confusion

  • Maux de tête

  • Troubles de la vue

  • Troubles de la parole

  • Céphalées

 

Abdomen

  • Nausées, vomissements

  • Indigestions (les premières semaines)

  • Risques de développer des calculs rénaux (boire beaucoup d’eau)

  • Infections des voies respiratoires (rhume, bronchite)

  • Diarrhée, constipation

 

Sexualité

  • Modification du cycle des menstruations

  • Diminution de l’appétit sexuel

  • Augmentation de la pilosité chez les femmes

 

Sommeil

Somnolence (les premières semaines)

 

Membres

  • Picotements

  • Tremblements

  • Troubles de la coordination des muscles

  • Faiblesse

 

Poids

Perte de l’appétit

 

Sang

Augmentation du taux d’acide dans le sang

 

Psychologique

  • Confusion mentale

  • Agitation

  • Difficulté à se concentrer

  • Nervosité

 

Autres

  • Fatigue

  • Diminution de la transpiration et augmentation de la température corporelle (fièvre)

Effets secondaires moins fréquents

 

Tête

  • Maux de tête

  • Confusion

  • Difficulté à parler

  • Perte de cheveux

  • Réactions allergiques (enflure des lèvres, de la gorge, des paupières, du visage)

  • Ralentissement de la glande thyroïde

 

Membres

  • Tremblements

  • Instabilité de la démarche

  • Mouvements involontaires

  • Douleurs musculaires

 

Abdomen

  • Diarrhées

  • Indigestion

  • Crampes abdominales

  • Rares problèmes de foie qui se manifestent par :

> Faiblesse

> Sommeil profond et continuel

> Perte d’appétit

> Vomissements

> Gonflement de la figure

 

Peau

Éruptions cutanées

 

Poids

Perte de l’appétit

 

Sang

Diminution du nombre de globules blancs

 

Psychologique

Idées et comportements suicidaires

 

Autres

  • Saignements, ecchymoses

  • Ovaires polykystiques

  • Signes d’hépatite

  • Sautes d’humeur

Monitorage et surveillance médicale​

Les actions que l’on peut prendre pour éviter les effets iatrogéniques (qui sont provoqués par la médecine)

 

  • Examen sanguin

  • Examen hépatique

  • Surveillance du poids

Généralités​

Prescrits en premier lieu pour lutter contre l’épilepsie, les anticonvulsivants occupent de plus en plus une place de choix dans le traitement des troubles de l’humeur, du fait qu’une amélioration dans la stabilité de l’humeur était observée chez les personnes qui en prenaient pour lutter contre l’épilepsie. Ils ont eux aussi un effet calmant. Ils commencent à faire effet après deux semaines environ. Des tests sanguins réguliers sont nécessaires, notamment en raison de certains effets secondaires possibles sur le foie, les reins et les plaquettes sanguines (petites cellules sans noyau circulant dans le sang avec les globules rouges et les globules blancs. Elles ont un rôle essentiel dans la coagulation).

Symptômes de sevrage

Les médicaments psychotropes agissent dans le cerveau tout comme dans le reste du corps; et comme nous l’avons vu, chaque personne réagit différemment. C’est la même chose concernant le sevrage ; le métabolisme de la personne, le type de médicament, la dose ainsi que la durée de la prise et sa demi-vie, expliquent que les effets de sevrage sont variés. Nous avons répertorié les symptômes de sevrage potentiels et principaux de chaque classe de médicaments psychotropes. Cette liste est incomplète, car tous les effets de sevrage ne sont pas recensés; de plus, les connaissances évoluent rapidement dans ce domaine. Une personne peut n’avoir aucun symptôme de sevrage ou en ressentir un seul, quelques-uns ou même beaucoup. Le parcours de réduction de médicaments est spécifique à chaque personne, tout comme chaque démarche est unique. Par exemple, une personne peut entreprendre à deux reprises de réduire le même médicament à la même dose et les effets seront différents. La réduction graduelle, comme enlever 10  % de la dose par semaine/mois, réduit la fréquence ou l’intensité des symptômes de sevrage et l’incidence des rechutes rapides. Il est très important d’entreprendre cette démarche avec la collaboration de son médecin. Le pharmacien aussi joue un rôle clé et peut fournir des conseils pour contrôler les effets de sevrage pour chaque médicament. La plupart des personnes qui auront des symptômes de sevrage les toléreront sans problème pour la courte durée de ceux-ci.

 

Symptômes de sevrage communs et fréquents pour toutes les classes: anxiété, nervosité, agitation, problèmes de sommeil, plus grand besoin de se reposer, de dormir, irritabilité, fatigue.

Symptômes de sevrage pour les anticonvulsivants:

Tegretol, Épival, Dépakene, Topamax, Lamictal et Neurontin

 

Principaux symptômes de sevrage de nature psychologique :

  • Retour des épisodes de manie ou de dépression

  • Sautes d’humeur

  • Irritabilité

  • Tendances suicidaires

 

Principaux symptômes de sevrage de nature physique :

  • Céphalées (maux de tête)

  • Étourdissements

  • Malaises

  • Retour des convulsions s’il était pris dans le cadre de l’épilepsie

  • Tremblements

Rarement:

  • Mouvements musculaires involontaires

  • Manque de coordination