Régulateurs de l'humeur : lithium

Mesurer la lithiémie​

La lithiémie est mesurée à jeun, sans prise d’eau

 

  • Douze heures après la prise de la dernière dose

  • Pendant le traitement en période de crise : toutes les semaines

  • Pendant le traitement d’entretien : tous les mois au début, puis espacé quand stabilité

  • Lorsqu’il y a présence des symptômes d’intoxication (diarrhées, nausées, vomissements, fatigue accrue, lenteur mentale, tremblements importants

  • ou manque de coordination des mouvements, etc.)

  • Lorsque les doses de lithium ont été modifiées

  • Lorsqu’une maladie physique se déclare, en particulier quand elle provoque fièvre, diarrhées ou vomissements

  • Lorsqu’il y a une augmentation de la transpiration occasionnée, entre autres, par de grandes chaleurs prolongées

  • ou de l’activité physique

  • Lorsque la personne se met à prendre des médicaments qui augmentent le niveau de lithium

  • Lorsqu’il y a un changement dans la consommation de sel ou dans le régime alimentaire

  • Lorsqu’il y a une déficience de la glande thyroïde

  • À l’admission à l’hôpital

  • Pour vérifier l’adhésion au traitement

Indications​

Problèmes de santé physique

  • Après une chimiothérapie anticancéreuse ou radiothérapie, car elles stimulent la production de globules blancs dans le sang

  • Certaines formes d’hyperthyroïdie

  • Certaines formes de migraines

  • Syndrome inapproprié de sécrétion de l’hormone antidiurétique

 

Problèmes de santé mentale

  • Troubles bipolaires, phase maniaque ou dépressive

  • Prévention des rechutes de la maladie bipolaire

  • Dépression unipolaire, en ajout à un antidépresseur

  • Comportements agressifs ou explosifs

Contre-indications​

 

Problèmes de santé physique

  • Insuffisance rénale

  • Rétention urinaire

  • Déshydratation

  • Infection grave

  • Psoriasis

  • Certaines arythmies cardiaques

  • Mauvais fonctionnement de la thyroïde (hypothyroïdie)

  • Lésions cérébrales organiques

  • Maladie de Parkinson

  • La nécessité de prendre des diurétiques, des anti-inflammatoires ou des inhibiteurs neuromusculaires

 

Personnes aînées

  • Doses plus faibles que celles utilisées pour les adultes

  • Les signes d’intoxication doivent être surveillés attentivement, surtout si l’usager suit un régime à faible teneur en sel ou s’il prend des diurétiques

  • Avec des antipsychotiques, cela peut provoquer des symptômes de confusion, de perte de mémoire, de  désorientation, de peur et d’agitation

  • La toxicité du lithium se manifeste souvent plus rapidement chez les personnes aînées qui souffrent de démence et de parkinsonisme

 

Grossesse et allaitement

S’abstenir durant le premier trimestre et lors de l’allaitement ainsi que quelques jours avant et lors de l’accouchement

 

Pour les enfants

L’efficacité et la sûreté du lithium n’ont pas été établies

 

Autre

Incapacité présentée par la personne de se conformer à des prises de sang régulières

Interactions médicamenteuses​

 

Médicaments psychiatriques (ajoutent aux effets secondaires)

  • Les antidépresseurs

  • Certains anticonvulsivants

  • Certains antiparkinsoniens

  • Augmente la toxicité de la carbamazépine (Tegretol)

  • Les antipsychotiques

  • Les benzodiazépines

 

Autres médicaments (dangereux car haussent le niveau de lithium dans le sang)

  • Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont la principale cause d’intoxication, car certains sont disponibles en vente libre chez le pharmacien

- Ibuprofène (Advil, Motrin)

- Indometacine (Indicid)

- Naproxen (Naprosyn)

- Sulindac (Clinoril)

- Celecoxib (Celebrex)

- Acide acétylsalicylique (Aspirine)

- Diclofénac (Voltaren)

 

  • Les diurétiques

- Hydrochrorothiazide (Hydrodiuril)

- Furosémide (Lasix)

- Triamtérène-HCTZ (Dyazide)

- Amiloride (Midamor)

- Spironolactone (Aldactone)

 

  • Certains médicaments utilisés pour abaisser la tension artérielle, entre autres

- Ramipril (Altace)

- Enalapril (Vasotec)

- Irbesatran (Avapro)

- Candesartan (Atacand) et autres qui se termine par –pril ou –sartan

- Certains antibiotiques ( Tétracycline)

- Éviter les médicaments en vente libre contenant de l’iode

  • Alcool, marijuana

Effets secondaires​

Ils dépendent du dosage et de la durée du traitement, du métabolisme de l’individu et du contexte dans lequel il vit.

 

Effets secondaires 

(au début du traitement et aux augmentations de doses)

 

Tête

  • Ralentissement du fonctionnement intellectuel

  • Diminution de la mémoire et de la concentration

  • Vertiges

  • Maux de tête

  • Augmentation de la soif

  • Goût métallique dans la bouche

  • Sécheresse de la bouche

 

Membres

Légers tremblements des mains

 

Abdomen

  • Nausées

  • Vomissements

  • Crampes abdominales

  • Augmentation de la quantité d’urine

  • Diarrhées

 

Sexualité

  • Diminution de l’appétit sexuel

  • Inhibition de l’érection

 

Poids

  • Perte d’appétit

  • Augmentation du poids

 

Autres

  • Apathie

  • Fatigue

  • Léthargie ou de la faiblesse musculaire

 

Effets à long terme

 

Tête

  • Un goitre (enflure du cou) surtout chez les femmes

  • Difficulté à parler

  • Vertiges

  • Tintements dans les oreilles

  • Mouvements involontaires des muscles ou du globe oculaire

  • Distorsions visuelles

 

Membres

Manque de coordination

 

Cœur

Problèmes cardiovasculaires

 

Abdomen

Ralentissement des fonctions de la vessie et de l’intestin

 

Autres

  • Dommages aux reins

  • Mauvais fonctionnement de la glande thyroïde

 

Effets secondaires moins fréquents

 

Tête

  • Éclaircissement des cheveux

  • Irritation des yeux

 

Membres

  • Enflure des chevilles ou des poignets

  • Mains froides

 

Cœur

Palpitations

 

Abdomen

  • Sensations de ballonnement

  • Difficulté à respirer

 

Sexualité

  • Infertilité chez les hommes

  • Production de lait chez les femmes

 

Peau

  • Manque de sensibilité de la peau

  • Décoloration des mains accompagnée de douleurs

  • Intolérance à la chaleur ou au froid

 

Poids

Perte d’appétit

 

Sommeil

Tendance à trop dormir

 

Psychologique

Anxiété

 

Autre

Agressivité

Effets secondaires décelables lors d’examens médicaux

 

Cœur

Rythme cardiaque anormal

 

Autres

  • Diminution de la production d’hormones thyroïdiennes

  • Apparition du diabète insipide (urine extrêmement diluée, sans sucre)

  • Aggravation du diabète sucré

  • Diminution du fonctionnement des reins

  • Élévation du nombre de globules blancs

Réactions d'intoxication

Ces effets sont inquiétants lorsqu’ils apparaissent ensemble chez une personne qui n’avait pas d’effets secondaires. Une lithiémie est généralement obtenue pour aider le médecin avec la prise en charge. Le traitement est généralement arrêté temporairement.

 

Les signes les plus courants en cas de surdosage sont les suivants :

  • Encéphalopathie (affection du cerveau d’origine toxique ou liée à une dégénérescence)

  • Faiblesse musculaire

  • Manque de coordination

  • Somnolence

  • Vertiges

  • Ataxie (troubles dans la coordination des mouvements)

  • Nystagmus (un mouvement oscillatoire rythmique involontaire des deux yeux ou beaucoup plus rarement d’un seul œil)

  • Tremblements

  • Troubles de la vigilance

  • Hyperréflexie (exagération des réflexes)

  • Convulsions

  • Coma

  • Troubles digestifs

  • Modifications électrocardiographiques : arythmie

  • Déshydratation et insuffisance rénale notamment au cours des surdosages massifs

 

En cas de surdosage, l’hospitalisation est nécessaire. Un traitement d’appoint doit être mis en place, si nécessaire. Les diurétiques ne doivent pas être utilisés.

 

Dans certains cas de surdosage avec insuffisance rénale ou d’intoxication grave (par exemple avec coma), le recours

à l’épuration extrarénale (purification du sang des déchets de l’organisme en cas de défaillance de la fonction rénale) pourra être nécessaire.

 

Une surveillance prolongée est recommandée.

Monitorage et surveillance médicale​

Les actions que l’on peut prendre pour éviter les effets iatrogéniques (qui sont provoqués par la médecine).

 

  • Surveillance régulière du poids

  • Examens sanguins

  • Examen du fonctionnement de la glande thyroïde

  • Examen du fonctionnement des reins (vérifier auprès de votre médecin si vous devez être à jeun de lithium, de nourriture et d’eau)

  • Examen du cœur après 40 ans

Généralités

Le lithium est un médicament de base pour traiter certains troubles de l’humeur. Son utilisation a diminué dans les dernières années (remplacé par des médicaments anticonvulsivants utilisés comme stabilisateurs de l’humeur), notamment en raison de ses effets secondaires, particulièrement concernant les reins et la glande thyroïde. De plus, son utilisation demande un suivi médical précis en raison de sa toxicité si le dosage dans le sang est trop élevé. Il a un effet calmant sur toute personne qui l’utilise pendant une période assez longue. Il commence à faire effet au bout de trois à quatre semaines. Puisqu’un de ses effets secondaires est d’avoir la bouche sèche, il est recommandé de boire 8 à 10 verres d’eau par jour, mais pas plus, afin de ne pas diluer le taux de lithium dans le sang. Enfin, une précision fondamentale : personne n’a de lithium de manière naturelle dans son sang. Certaines traces sont possibles, occasionnées par la pollution (ex. : habiter près d’une usine qui produit des piles au lithium).

Symptômes de sevrage

Les médicaments psychotropes agissent dans le cerveau tout comme dans le reste du corps; et comme nous l’avons vu, chaque personne réagit différemment. C’est la même chose concernant le sevrage ; le métabolisme de la personne, le type de médicament, la dose ainsi que la durée de la prise et sa demi-vie, expliquent que les effets de sevrage sont variés. Nous avons répertorié les symptômes de sevrage potentiels et principaux de chaque classe de médicaments psychotropes. Cette liste est incomplète, car tous les effets de sevrage ne sont pas recensés; de plus, les connaissances évoluent rapidement dans ce domaine. Une personne peut n’avoir aucun symptôme de sevrage ou en ressentir un seul, quelques-uns ou même beaucoup. Le parcours de réduction de médicaments est spécifique à chaque personne, tout comme chaque démarche est unique. Par exemple, une personne peut entreprendre à deux reprises de réduire le même médicament à la même dose et les effets seront différents. La réduction graduelle, comme enlever 10  % de la dose par semaine/mois, réduit la fréquence ou l’intensité des symptômes de sevrage et l’incidence des rechutes rapides. Il est très important d’entreprendre cette démarche avec la collaboration de son médecin. Le pharmacien aussi joue un rôle clé et peut fournir des conseils pour contrôler les effets de sevrage pour chaque médicament. La plupart des personnes qui auront des symptômes de sevrage les toléreront sans problème pour la courte durée de ceux-ci.

 

Symptômes de sevrage communs et fréquents pour toutes les classes: anxiété, nervosité, agitation, problèmes de sommeil, plus grand besoin de se reposer, de dormir, irritabilité, fatigue.

Symptômes de sevrage pour le lithium:

Les réactions au sevrage ne sont pas nécessairement apparentes, par contre des difficultés émotionnelles, de l’anxiété, de l’irritabilité et de l’insomnie peuvent ressurgir. Le risque de crise semble maximal pendant les 12 premières semaines.

Du fait que le sevrage s’accompagne parfois d’une à plusieurs rechutes, certaines personnes ne réussissent pas à se sevrer définitivement.

 

Principaux symptômes de sevrage de nature psychologique :

  • Retour des épisodes de manie ou de dépression

  • Anxiété

  • Irritabilité

  • Agitation

  • Insomnie et autres problèmes associés au sommeil

  • Tendances suicidaires

 

Principaux symptômes de sevrage de nature physique (rares) :

Si la personne souffrait d’hypothyroïdie induite par le lithium, elle peut souffrir d’hyperthyroïdie au moment de la cessation, peu importe la durée du sevrage.